Angoulême
BD & image · Magelis

Le pôle Image Magelis

Créé à la fin des années 1990 dans le quartier Saint-Cybard, Magelis est le cluster public qui rassemble à Angoulême les studios d'animation, d'effets visuels et de jeux vidéo : autour d'un millier d'emplois, des dizaines de studios et les deux grandes écoles de l'image.

Genèse d'un cluster : des années 1990 à aujourd'hui

Le pôle Image Magelis n'est pas né d'une décision administrative soudaine, mais d'une logique progressive ancrée dans l'histoire culturelle d'Angoulême. Dès les années 1980, la réputation du festival international de la BD attire des professionnels de l'image dans la ville. À la fin des années 1990, les pouvoirs publics — Ville, Département, Région et État — décident de capitaliser sur cet écosystème informel en créant un cadre institutionnel : le pôle Image Magelis. Son nom est emprunté à la rue du Nil et au quartier de Magelis, dans la zone Saint-Cybard, au bord de la Charente, en contrebas de la ville haute.

L'ambition du cluster est claire : créer les conditions d'une filière économique de l'image pérenne et ancrée localement, en regroupant dans un même périmètre géographique les studios, les écoles et les équipements culturels liés à la bande dessinée et à l'image animée. Cette concentration géographique favorise les synergies, les partages de compétences et l'émergence d'une culture professionnelle commune.

Les studios : de l'animation au jeu vidéo

Magelis fédère aujourd'hui des dizaines de studios de tailles et de spécialités variées. On y trouve des studios d'animation 2D et 3D produisant des séries télévisées pour les grands groupes audiovisuels français et étrangers, des sociétés spécialisées dans les effets visuels (VFX) pour le cinéma et la publicité, des studios de jeux vidéo indépendants, et des entreprises de production multimédia et numérique. Cette diversité sectorielle renforce la résilience du cluster : les compétences s'échangent entre disciplines, et les studios peuvent collaborer sur des projets qui croisent animation, VFX et interactivité.

Les productions réalisées par les studios de Magelis sont diffusées à l'échelle internationale. Des séries animées jeunesse destinées aux chaînes françaises (France Télévisions, Canal+, M6 et leurs filiales) mais aussi à des plateformes étrangères ont vu le jour à Angoulême. La ville est ainsi présente sur les écrans du monde entier, souvent sans que les spectateurs le sachent.

Les écoles : EESI et EMCA

Deux grandes écoles sont au cœur du dispositif Magelis et alimentent son vivier de talents. L'EESI — École européenne supérieure de l'image — est une école d'art supérieur qui forme en cinq ans des auteurs de bande dessinée, des illustrateurs, des designers graphiques et des artistes numériques. Son diplôme est reconnu au niveau européen (grade de master), et ses étudiants viennent de toute la France, d'Europe et d'ailleurs. L'EESI entretient des liens étroits avec les studios et les acteurs de la filière BD d'Angoulême.

L'EMCA — École des métiers du cinéma d'animation — est quant à elle spécialisée dans les métiers techniques et artistiques de l'animation : animateurs 2D, animateurs 3D, story-boardeurs, réalisateurs de films d'animation, chefs décorateurs. Ses diplômés sont très recherchés par les studios français et internationaux. L'EMCA alimente directement le vivier des studios de Magelis et constitue un rouage essentiel de la filière locale de l'image animée. Ces deux établissements relèvent de l'enseignement supérieur territorial et s'inscrivent dans la politique éducative et économique du territoire.

Impact économique et emplois

Magelis représente autour d'un millier d'emplois directs et indirects sur le territoire angoulemois — chiffre qui en fait l'un des premiers employeurs du secteur culturel et créatif en Nouvelle-Aquitaine hors Bordeaux. Cette filière est particulièrement précieuse dans une ville de taille moyenne comme Angoulême, où elle constitue un moteur d'attractivité pour les jeunes diplômés et une source de valeur ajoutée économique non délocalisable.

Le modèle de Magelis s'inscrit dans une stratégie de développement économique territorial reposant sur les forces culturelles de la ville. En faisant de la bande dessinée et de l'image animée non seulement une vocation culturelle mais aussi une filière économique viable, Angoulême a réussi à construire un avantage compétitif durable. Cette réussite est régulièrement citée comme exemple de politique de développement local par l'attractivité culturelle, et le modèle est étudié par d'autres collectivités françaises et européennes. Pour en savoir plus sur le tissu économique local, voir la page sur l'économie d'Angoulême.

Magelis et la Cité internationale de la BD

Le pôle Magelis et la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image (CIBDI) sont les deux piliers institutionnels de la vocation d'Angoulême dans l'image. Ils se complètent naturellement : la CIBDI préserve, expose et valorise le patrimoine du 9e art ; Magelis produit les œuvres de demain. Les étudiants de l'EESI et de l'EMCA fréquentent régulièrement les expositions de la CIBDI, et les auteurs exposés au musée ont souvent des liens avec les studios du cluster. Cette porosité entre conservation et création est l'une des richesses du modèle angoulemois.

Magelis, carrefour de la création numérique

En réunissant formation initiale, production professionnelle et infrastructure commune au sein d'un même périmètre géographique, Magelis a réussi à transformer Angoulême en un pôle de compétences reconnu de l'image animée et numérique — un atout économique durable au service d'une ville qui a fait de la culture son moteur de développement.

Animation 2D & 3D

Les studios angoulemois produisent des séries animées pour les plus grandes chaînes et plateformes françaises et étrangères. La tradition de l'animation 2D, héritée de la BD, coexiste avec la production 3D contemporaine.

Jeux vidéo indépendants

Une scène indépendante du jeu vidéo s'est développée à Angoulême dans le sillage de Magelis, profitant du vivier de graphistes et d'animateurs formés sur place par l'EESI et l'EMCA.